1908, Gibran Khalil est excommunié et exilé

Il dira : “J’ai quitté les sombres sentiers de leur duplicité et ai tourné mes yeux vers la lumière où il y a le salut, la vérité et la justice. Ils m’ont exilé maintenant de leur société, pourtant je suis content. L’humanité n’exile que celui qui se révolte contre l’injustice et la tyrannie. Celui qui ne préfère pas l’exil à la servilité n’est pas libre dans le sens vrai et nécessaire de la liberté. “

110 ans après, le constat est amère et alarmant, l’intellectuel Libanais des lumières est  condamné à vivre le silence, la peur, la persécution, l’intimidation ou l’exil angoissant.

Depuis Gibran, sur le plan de la liberté d’expression et d’opinion, le Liban n’a pas avancé d’un iota !

Ce qui a encore moins changé, c’est l’identité des commanditaires : le pouvoir politique et l’establishment religieux.

Les autorités politico-religieuses libanaises, qui se confortent mutuellement, ont depuis des années, choisi leurs ennemis. Hélas ! il ne s’agit pas de l’ignorance, de l’illettrisme, du chômage, ni des injustices sociales …etc. Mais, il s’agit plutôt des rationalistes, des réformateurs  et des penseurs libres.

Ce tandem a promis, quiconque osera faire fonctionner sa Raison et tenter d’éclairer la conscience collective, un parcours du combattant semer de censures, de harcèlements, de persécutions … Nous constatons, par conséquent, que dès qu’une petite lumière d’avancée voit le jour dans cette obscurité qui perdure couvant la pensée Libanaise, elle est, vite, éteinte et assassinée par les forces du mal.

En ces jours libanais desséchés, infertiles et rétrogrades, nous apprenons, avec tristesse et angoisse, qu’un animateur télé est poursuivi en justice pour avoir fait une blague “osée”, qu’un livre a été interdit car “il dérange”, qu’un film est censuré car “impudique”, qu’une pièce de théâtre est interrompue car “blasphématoire”, qu’un réalisateur est assigné à résidence pour avoir critiqué la censure…etc. De quoi se demander si les despotes ne sont pas devenus fous.

Y aurait-il encore une raison de s’étonner pourquoi sommes-nous incapables de représenter un modèle crédible d’une société juste et moderne ; pourquoi sommes-nous devenus une nation obsolète ?!

Cet article rend un humble hommage à tous les Libanais, porteurs de modernité et de courage intellectuel, qui ni fléchissent ni reculent. Ils sont auteurs, réalisateurs, compositeurs, cinéastes, poètes, enseignants, journalistes, dessinateurs, activistes politiques, hommes de foi, scientifiques, chercheurs, avocats, acteurs de la société civile, blogueurs, … et simples citoyens.

Adieu Gibran, nous avons choisi le passéisme !

Lire/Read:

(Eng)  https://www.hrw.org/news/2018/01/31/lebanon-pattern-prosecutions-free-speech
(Ara)  https://www.hrw.org/ar/news/2018/01/31/314371

Read by marchlebanon
https://www.marchlebanon.org/media/document/NEW_KNOW_YOUR_RIGHTS_BOOKLET_TkgCLuD.pdf

Read NYTimes 21 Feb 2018

– When Jokes Become a Crime: Free Speech Under Fire in Lebanon

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